Le Japon plus que préoccupé par la valeur monétaire du Yen

Naoto Kan, le premier ministre du Japon a dévoilé ses inquiétudes en ce qui concerne la vigueur du yen qui actuellement a atteint un niveau record face au dollar. En effet, depuis 15 ans, le cours du yen n’a jamais été aussi élevé face au dollar.

Un yen apprécié signifie une diminution du volume d’exportation

Lors d’un discours devant les parlementaires nippons, le premier ministre japonais a révélé sans tabous ses angoisses en ce qui concerne l’appréciation du yen. Ce sujet le préoccupe fortement, car c’est toute l’économie japonaise qui risque d’en souffrir. En effet, quels que soient le pays et la monnaie considérée, toute appréciation monétaire a un effet direct et négatif sur le niveau des exportations du pays. Avec l’appréciation du yen, c’est tous les secteurs à l’exportation qui vont en pâtir, car les produits d’exportations japonais seront plus chers et moins compétitifs sur les marchés internationaux.

Les secteurs à l’exportation seront tous affectés par l’appréciation du yen et ceux qui seront les plus touchés sont ceux des industries pétrolières et minières, le secteur agricole et le secteur des produits manufacturés. Les produits manufacturés exportés par le Japon représentant à eux seuls plus de 95%des exportations réalisées par le pays du soleil levant donc on comprend pourquoi le premier ministre est fortement soucieux de l’appréciation du yen. Parmi les produits manufacturés en tête de liste dans les exportations japonaises, il y a les produits provenant de l’industrie automobile, les appareils électroniques et électroménagers et les produits chimiques.

Ce contexte d’appréciation du yen rappelle indéniablement la situation des années 90 où le Japon à sous-évalué sa monnaie pour favoriser ses exportations face aux États-Unis. À cette époque, l’industrie automobile japonaise et l’industrie automobile américaine étaient en concurrence directe pour inonder le monde avec leurs productions nationales respectives. Pour rendre plus compétitives ses exportations, le Japon a délibérément sous-évalué sa monnaie ce qui lui a permis de proposer des prix très concurrentiels pour ses produits exportés. Toutefois, aujourd’hui les choses ne sont plus si simples, car les zones économiques et monétaires européennes et américaines considèrent ce genre de pratique comme une déclaration ouverte de guerre de monnaie.

Lors du G20 qui réunira les ministres des Finances et qui aura lieu très prochainement en Corée du Sud à Gyeongju, il ne fait aucun doute qu’un des sujets de discussion au menu sera la question des taux de change. Les débats qui se tiendront s’annoncent d’ores et déjà agités, car très certainement les pays du G20 vont suivre l’exemple de la Chine et tout faire pour diminuer la valeur de leur monnaie nationale. Sans de telles mesures, les revenus d’exportation des pays concernés sont voués à baisser, cela sera négatif pour le PIB, donc pour l’économie nationale et pour l’économie mondiale dans un second temps. Une manière de conserver un taux de change favorable pour favoriser les exportations, est soit de maintenir artificiellement bas la valeur de la monnaie comme le fait la Chine, soit de mettre en vente la devise nationale sur les marchés internationaux comme le fait la Corée du Sud.

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