Christine Lagarde est accusée d’abus de pouvoir

L’affaire Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais, une histoire vieille de 15 ans, semble toujours d’actualité, mais cette fois, c’est la nouvelle Directrice Générale du FMI, Christine Lagarde qui est pointée du doigt. Explications.

Historique du conflit

Tout commence en 1992, quand le gouvernement attribue le mandat de vente d’Adidas, propriété du Groupe Tapie à l’époque, au Crédit Lyonnais. Adidas est donc racheté à 315,5 millions d’euros par un groupe d’investisseurs dans lequel figure une filiale de la banque avec 19,9% de part sur le capital. Pourtant, la banque se retrouve en faillite et survie grâce à la nouvelle structure préconisée par l’État (CDR depuis 1995). Le groupe ayant racheté Adidas est piloté par Robert-Louis Dreyfus qui décide en fin 1994 de racheter toutes les parts de la société pour le double de son prix de vente du temps de Bernard Tapie, soit 701 millions d’euros. En même temps, le tribunal de commerce de Paris place les sociétés Bernard Tapie en liquidation judiciaire.

Les liquidateurs du Groupe Tapie accusent le Crédit Lyonnais d’avoir violé son engagement dans la vente d’Adidas. Ils soupçonnent un complot entre la banque et les membres du groupe d’investisseurs acquéreurs d’avoir fait en sorte que le Crédit Lyonnais soit partiellement propriétaire de la société afin de pouvoir la revendre à Robert-Louis Dreyfus avec 100% de profit. Chose que la banque dément formellement.

Début d’une procédure interminable

Les liquidateurs insistent et revendiquent les plus-values de la vente d’une somme de 229 millions d’euros. En 1996, ces derniers intentent un procès à la banque pour fautes dans l’exécution du mandat de vente. L’affaire est transférée à la cour d’appel qui décide finalement de condamner le CDR (Consortium De Réalisation) à verser 135 millions d’euros à Bernard Tapie, mais la cour de cassation annule cette décision.

C’est alors que l’homme d’affaires et ses liquidateurs suggèrent l’intervention d’un tribunal arbitral alors qu’il s’agit d’un conflit entre un particulier et l’État. Pourtant, Christine Lagarde, étant ministre de l’Économie, adhère à cette idée malgré la contestation des services du ministère. Le CDR est donc condamné à verser 285 millions d’euros dont 220 millions reviennent à l’homme d’affaires, mais l’histoire ne semble pas vouloir s’en arrêter là.

En effet, une enquête a été ouverte en mai 2011 par le la Cour de Justice de la République sur le choix de l’ancienne ministre à la demande du procureur général de la cour de cassation. On accuse Christine Lagarde d’avoir été en faveur de Bernard Tapie, faute d’avoir écarté tout appel de cette décision du tribunal arbitral.

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